Par un arrêté signé le lundi 25 mai 2026 par le ministre de l’Administration territoriale, Émile Zerbo, les activités de l’Union Générale des Étudiants du Burkina (UGEB) ont été suspendues sur l’ensemble du territoire national. L’autorité reproche à la principale organisation estudiantine du pays des faits qualifiés d’« apologie du terrorisme ».
Cette décision, qui frappe le plus ancien des syndicats d’étudiants burkinabè, marque un tournant majeur dans les relations entre les organisations professionnelles ou scolaires et les autorités. Fondée sur les dispositions de la loi révisée de juillet 2025 portant liberté d’association, la mesure de suspension est prononcée pour une durée de trois mois renouvelable.
Une déclaration officielle au cœur de la rupture
Selon les termes de l’arrêté ministériel, la suspension fait suite à la publication récente d’un communiqué de l’UGEB. Les autorités estiment que la teneur de ce texte remet en cause les efforts de reconquête du territoire et s’apparente à une tribune de justification des actions des groupes armés terroristes qui endeuillent le pays.
Pour le ministère de l’Administration territoriale, la posture de l’organisation estudiantine viole de manière flagrante l’obligation de réserve, le respect des institutions et l’engagement patriotique attendu de chaque entité légalement reconnue en cette période de sursaut national.
Les conséquences immédiates sur les campus
L’application de cet arrêté entraîne des conséquences immédiates et rigoureuses sur l’espace universitaire. Toutes les manifestations, assemblées générales, conférences ou sit-ins organisés sous la bannière de l’UGEB ou de ses sections, notamment l’ANEB, sont désormais strictement interdits.
Par ailleurs, les bureaux de l’organisation au sein des différentes universités publiques du pays, à Ouagadougou, Bobo-Dioulasso et Koudougou, sont mis sous scellés. Dans son communiqué, le gouvernement rappelle fermement à la loi et prévient que toute tentative de violer cette suspension sera traitée conformément aux textes en vigueur relatifs à la sûreté de l’État.
Un contexte de rigueur et de souveraineté
Cette suspension s’inscrit dans la continuité de la dynamique de la Révolution, qui prône une union sacrée autour des forces de défense et de sécurité (FDS) et des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP). Les autorités réaffirment qu’aucune dérive verbale ou écrite de nature à saper le moral des troupes ou à légitimer l’action des forces obscurantistes ne sera tolérée, d’où qu’elle vienne.
Alors que le milieu universitaire observe cette décision avec une attention particulière, le gouvernement rappelle que la liberté d’association doit impérativement s’exercer dans le strict respect de la souveraineté nationale et des impératifs sécuritaires du Burkina Faso.

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