Burkina/Justice: Dr Jacques Boa, le médecin de Fada, déclaré coupable de concussion 

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Le verdict est tombé pour le Dr Jacques Boa lors de la session du pôle ECOFI du Tribunal de grande instance Ouaga I. Poursuivi pour concussion et escroquerie, le médecin spécialiste a été reconnu coupable de la première infraction et condamné à 12 mois de prison avec sursis. Une décision minimale qui n’a pas du tout été du goût du Procureur du Faso, qui a immédiatement interjeté appel.

L’affaire faisait grand bruit, elle a désormais son premier dénouement judiciaire. Du 18 au 29 mai 2026, le pôle judiciaire spécialisé dans la répression des infractions économiques, financières et de la criminalité organisée (ECOFI) a tenu sa session de jugement. Parmi les dossiers chauds inscrits au rôle, figurait celui de Jacques Boa, médecin spécialiste en stomatologie-chirurgie maxillo-faciale, en poste au Centre hospitalier universitaire régional (CHUR) de Fada-Ngourma.

Coupable de concussion, blanchi pour l’escroquerie

Le Dr Jacques Boa était dans le collimateur de la justice pour des faits graves de concussion et d’escroquerie, des accusations qui interrogent directement l’éthique dans le milieu hospitalier public. Statuant sur son cas, le Tribunal a opéré un tri dans les charges. Le juge a décidé de relaxer le médecin pour les faits d’escroquerie (« renvoyé des fins de la poursuite »).

En revanche, le tribunal l’a formellement reconnu coupable de concussion, une infraction qui désigne le fait, pour un agent public, de percevoir ou d’exiger des sommes qui ne sont pas dues dans l’exercice de ses fonctions. Pour cette faute, le Dr Jacques Boa a été condamné à une peine d’emprisonnement de 12 mois assortie du sursis, ainsi qu’à une amende ferme de 2 000 000 de francs CFA.

Le coup de théâtre : Le Procureur refuse le sursis et fait appel

Si le prévenu s’en tire pour l’instant sans passer par la case prison grâce au sursis, le feuilleton judiciaire est loin d’être terminé. Le parquet de Ouaga I a jugé cette sentence insuffisante au regard de la gravité des faits reprochés à ce cadre de la santé.

Dans son communiqué daté du 1er juin 2026, le Procureur du Faso annonce avoir immédiatement interjeté appel de cette décision. Le dossier Boa sera donc rejugé devant la Cour d’appel, où le ministère public compte bien réclamer une sanction plus lourde et potentiellement ferme.

Un signal fort envoyé aux agents publics

Au-delà du cas spécifique du chirurgien maxillo-faciale, cette session ECOFI a été un véritable coup de balai. En deux semaines, 14 dossiers impliquant 47 prévenus ont été passés au crible pour des faits de blanchiment, détournement de deniers publics, corruption ou fraude fiscale. Des peines allant jusqu’à 5 ans de prison ferme ont été prononcées, avec des amendes cumulées astronomiques de plus de 4,3 milliards de francs CFA.

Dans son communiqué, le Procureur du Faso a profité de cette tribune pour lancer un avertissement solennel, rappelant l’exigence du respect strict des devoirs professionnels qu’impose la qualité d’agent public. Pour le Dr Jacques Boa et la lutte contre la corruption dans le service public, le second round se jouera désormais à la Cour d’appel. Un dossier que Burkina Yawana continuera de suivre de près.


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