Par la rédaction / Burkina Yawana
L’ancien ministre ivoirien et président du COJEP, Charles Blé Goudé, s’est exprimé sans détour lors d’un entretien accordé à télé Sud depuis Paris. Entre recadrage des « panafricanistes de salon » et main tendue aux dirigeants du Sahel, l’homme politique appelle à un retour aux réalités du continent pour construire la souveraineté africaine.
Le panafricanisme de salon cloué au pilori
Charles Blé Goudé n’a pas mâché ses mots à l’égard de ceux qui théorisent la lutte africaine depuis les capitales occidentales. Pour lui, la crédibilité de l’engagement politique et de la défense du continent se mesure sur le terrain, en Afrique, et non depuis l’exil confortable. « On ne peut pas être à Paris et à Londres et jouer les champions de la révolution africaine. Venez, on va transformer l’Afrique », a-t-il lancé à l’adresse de ces figures de la diaspora.
Poursuivant sa critique, il a dénoncé l’incohérence de ceux qui s’érigent en censeurs tout en restant à distance de leurs propres patries : « Ils sont en Europe et ils disent qu’ils sont panafricanistes. Quels sont les révolutionnaires et panafricanistes qui vivent hors de l’Afrique ? Les gens font tout et ils évitent leur pays. Venez dans vos pays. Tu es à Paris et c’est toi qui vois les traîtres partout. Venez dans vos pays. »
Soutien à l’AES et ouverture vers la Révolution burkinabè
Au-delà de la critique, l’entretien a abordé les grandes mutations géopolitiques de la sous-région, notamment la création de l’Alliance des États du Sahel (AES). Charles Blé Goudé a fermement pris position contre l’ostracisation des pays sahéliens par les organisations régionales. « Ce n’est pas normal qu’on condamne l’AES parce qu’ils sont sortis de la Cedeao. On devait discuter avec eux », a-t-il déploré, plaidant pour une approche de dialogue plutôt que de sanction face aux choix souverains des peuples du Sahel.
S’inscrivant dans cette dynamique de rupture et de construction d’une nouvelle Afrique, le leader du COJEP s’est dit pleinement disposé à échanger avec les acteurs majeurs de ce changement. Il a ainsi manifesté sa volonté d’aller à la rencontre des autorités de Ouagadougou : Charles Blé Goudé s’est dit prêt à rencontrer le Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, pour échanger sur les défis et l’avenir du continent.

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