Dans un tournant diplomatique majeur, les États-Unis ont exprimé leur respect et leur soutien face à la décision des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) de quitter la Cour pénale internationale (CPI). Washington emploie des mots forts, dénonçant une « justice sélective ».
Un soutien de poids pour l’AES
Ce samedi, un échange crucial a eu lieu entre le secrétaire d’État adjoint américain, M. Garcia, et le ministre malien des Affaires étrangères. Au cœur des discussions : la notification officielle du retrait du Mali de la Cour pénale internationale (CPI).
Selon un communiqué officiel des autorités américaines, Washington a salué cette démarche. Cette prise de position fait suite à des consultations similaires menées avec les chefs de la diplomatie du Burkina Faso et du Niger, confirmant un alignement diplomatique notable sur cette question. « Les États-Unis respectent la décision souveraine de chaque État de quitter une institution pratiquant une justice sélective et des procédures judiciaires instrumentalisées », peut-on lire dans le communiqué officiel américain.
Par ailleurs, la Maison-Blanche a réaffirmé sa volonté de maintenir et de renforcer la coordination avec les trois États sahéliens sur les questions de sécurité régionale et les priorités d’intérêt commun.
Le calendrier et les raisons d’une rupture annoncée
C’est en septembre 2025 que le Mali, le Burkina Faso et le Niger – réunis au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES) – ont manifesté leur intention de rompre avec le Statut de Rome, le traité fondateur de la CPI. L’étape décisive a été franchie en juin 2026, lorsque les trois capitales ont officiellement notifié leur retrait au Secrétaire général des Nations unies. Conformément aux textes juridiques de la Cour, ce retrait sera pleinement effectif un an après cette notification, soit en juin 2027.
Pour les autorités de l’AES, cette décision historique se justifie avant tout par une volonté de renforcer la souveraineté judiciaire de leurs nations, en redonnant la primauté aux tribunaux nationaux. Les trois États dénoncent fermement ce qu’ils considèrent comme une instrumentalisation politique de la CPI, ainsi qu’une justice à deux vitesses marquée par un traitement sélectif et ciblé des situations africaines par La Haye.
Ce qui change (et ce qui reste) pour le Sahel
Fondée en 2002, la CPI a pour vocation de juger les crimes les plus graves, tels que les génocides ou les crimes de guerre, lorsque les États ne peuvent ou ne veulent pas le faire. Cependant, le droit international stipule que le retrait d’un pays n’efface pas le passé. Les enquêtes et les procédures déjà ouvertes pour des faits commis avant la date effective du retrait restent pleinement valides. Dans le cas du Mali, par exemple, l’enquête ouverte par la CPI depuis 2013 se poursuit et ne sera pas juridiquement impactée.
Cette position américaine, bien que marquante, résonne avec la propre posture des États-Unis, qui n’ont jamais ratifié le Statut de Rome afin de protéger leurs propres citoyens. Elle intervient dans un contexte de crise de légitimité globale pour la CPI, de plus en plus contestée et soumise à de fortes pressions diplomatiques sur l’échiquier international.

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