Réuni en Conseil des ministres ce jeudi, le gouvernement a franchi un pas décisif pour moderniser et sécuriser le secteur du Bâtiment et des Travaux Publics (BTP). Au cœur des délibérations : l’adoption d’un décret portant réglementation des activités des laboratoires de contrôle qualité des matériaux et des sols au Burkina Faso.
Par la rédaction – Burkina Yawana
Face à la montée en puissance des grands chantiers de construction à travers le pays depuis trois ans, la pression sur la chaîne d’approvisionnement et de contrôle des matériaux, notamment le ciment, le bitume et le concassé, est devenue critique. Pour faire face à cette demande croissante sans sacrifier la rigueur technique, l’exécutif a fait le choix de l’ouverture et de la compétitivité.
Une ouverture maîtrisée au secteur privé
« Il a été décidé de casser un peu le monopole du LNBTP pour tout ce qui est opération de contrôle des bâtiments et des travaux publics », a explicité le Ministre de la Construction de la Patrie, Mikaïlou Sidibé.
Désormais, sous réserve d’obtention d’un agrément officiel, les laboratoires privés pourront intervenir sur les essais relatifs aux matériaux de construction, la géotechnique routière pour la formulation de niveau 1, ainsi que les études de sols et de fondations. Cette mesure vise à désengorger les services de contrôle, à réduire les délais d’exécution des projets et à encourager les investissements privés nationaux dans l’expertise technique.
Le LNBTP garde la haute main sur le stratégique
Si le marché s’ouvre, le gouvernement ne transige pas avec la sécurité des populations et la pérennité des ouvrages. La libéralisation s’accompagne d’un encadrement rigoureux où l’État conserve un droit de regard absolu. Le Laboratoire National du Bâtiment et des Travaux Publics (LNBTP) conserve l’exclusivité des contrôles stratégiques liés à la garantie décennale, tout en assurant le leadership technique et la régulation de l’ensemble des acteurs.
Un cap franchi pour des infrastructures durables
En balisant l’exercice des laboratoires privés tout en renforçant le rôle souverain du LNBTP, le gouvernement pose les bases d’un écosystème du BTP plus fluide, moderne et exigeant. Une « avancée majeure » qui concilie souveraineté économique, sécurité publique et ambition de développement national.

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