La phase de pédagogie est bel et bien terminée. À l’occasion de la campagne de sensibilisation sur l’obligation du port du casque, le Ministre de la Sécurité, le Commissaire divisionnaire de police Mahamadou Sana, est descendu sur le terrain pour passer des paroles aux actes. Son message est sans équivoque : l’heure est désormais à l’application rigoureuse de la loi.
S’exprimant en langue locale mooré – des propos fidèlement retranscrits par le média Lefaso.net -, le ministre n’a pas mâché ses mots face au relâchement et à l’imprudence de nombreux usagers de la route : « Personne n’a une tête en fer ici. Ou bien, en touchant le goudron, vous avez l’impression d’avoir affaire à un matelas ?… De janvier à juillet, seulement pour ces mois, le nombre de personnes décédées sur place après un accident se chiffre à 649. Cela, c’est sans compter ceux qui sont morts à l’hôpital… Finalement vous n’allez pas faire pardon ? »
Un bilan humain lourd qui impose la rigueur
Ces chiffres glaçants rappellent l’urgence d’une prise de conscience collective. Le non-port du casque reste l’une des causes majeures de mortalité et de traumatismes crâniens graves lors des accidents de la circulation au Burkina Faso.
Pour le patron de la sécurité, le port de cet équipement de protection ne doit plus être perçu comme une contrainte administrative, mais comme un réflexe vital : « La sensibilisation a pris fin. Place désormais à l’application rigoureuse de la loi. Le port du casque n’est pas une option. Il sauve des vies », a-t-il martelé.
Tolérance zéro sur la voie publique
Afin de traduire cette fermeté dans les faits, des directives claires ont été données aux forces de défense et de sécurité sur le terrain. Les usagers récalcitrants n’auront plus droit à la clémence : « J’ai donné des instructions aux agents de police et de la gendarmerie. Désormais, s’ils aperçoivent quelqu’un sans son casque, qu’ils le refoulent. Qu’ils repartent de là où il est venu. »
Les cyclistes dans le collimateur
Le ministre n’a pas non plus épargné les usagers à deux roues non motorisées, pointant du doigt les incivilités répétées au niveau de la signalisation routière. « Je ne sais pas s’il y a un contrat entre eux et les agents de police. Souvent ils ne respectent pas le feu. Quand ils arrivent ils continuent seulement sans se soucier de rien », a constaté Mahamadou Sana, avant de lancer un avertissement clair aux cyclistes : « Votre temps aussi arrive ». Désormais, la balle est dans le camp des citoyens. Entre la vie et l’entêtement, le choix doit être vite fait sur les axes routiers.

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