Le Comité international Mémorial Thomas Sankara (CIMTS) a organisé, le jeudi 13 août 2026 à Ouagadougou, une cérémonie commémorative marquant le centenaire de la naissance de Fidel Castro. Tenue au Mémorial Thomas Sankara, la rencontre a réuni des responsables, des anciens étudiants burkinabè formés à Cuba, des représentants de la communauté cubaine et plusieurs acteurs de la coopération entre les deux pays. Les échanges ont porté sur l’héritage politique du Lider Maximo, les relations entre Ouagadougou et La Havane, ainsi que sur les enseignements de l’expérience cubaine pour le Burkina Faso.
Par Abibata Kara – Burkina Yawana
Né le 13 août 1926, Fidel Castro demeure une figure majeure de l’histoire politique contemporaine. À travers cette célébration, les participants ont revisité son parcours et les idéaux qu’il a défendus, notamment la souveraineté, la solidarité entre les peuples et l’indépendance.
Une influence politique au-delà des frontières
Présent à la cérémonie, l’ancien Premier ministre et président de l’Institut des peuples noirs (IPN), Apollinaire Kyélem de Tambela, a évoqué l’influence décisive de Fidel Castro sur plusieurs mouvements révolutionnaires en Amérique latine. Il a notamment cité sa rencontre déterminante avec Ernesto « Che » Guevara au Mexique, un tournant dans le parcours du Che et dans la préparation de la Révolution cubaine.

Il a également rappelé le rôle de médiateur de Castro au Nicaragua, où il a contribué au rapprochement des trois tendances de la révolution sandiniste face à la dictature de Somoza, ainsi que ses liens étroits avec l’ancien président vénézuélien Hugo Chávez.
Au Burkina Faso, Apollinaire Kyélem de Tambela a insisté sur l’empreinte de l’expérience cubaine sur la Révolution démocratique et populaire (RDP) menée par le capitaine Thomas Sankara. Il a notamment souligné la paternité cubaine de la devise « La patrie ou la mort, nous vaincrons », l’inspiration derrière les Comités de défense de la révolution (CDR) et la proximité de certaines orientations idéologiques.
Les anciens étudiants, symboles vivants de la coopération
Le rapprochement entre les deux nations s’est concrétisé par la formation de jeunes Burkinabè. Intervenant au nom des anciens étudiants, le président de l’Association pour la solidarité et l’amitié Burkina Faso-Cuba (ASAC-BF), François Lompo, a rappelé l’envoi, en 1986, de 600 jeunes Burkinabè sur l’Île de la Jeunesse.
Ces étudiants avaient pour mission de recevoir une formation technique et idéologique avant de revenir contribuer à la construction de la RDP. François Lompo a salué les conditions d’accueil et la prise en charge intégrale (études, hébergement, alimentation) offerte par le peuple cubain. Pour ces anciens étudiants, cette expérience demeure l’un des symboles les plus forts de l’amitié entre les deux peuples.
La Havane réaffirme sa souveraineté
L’ambassadrice de Cuba au Burkina Faso, Enith Pérez Retureta, a quant à elle mis en avant l’héritage social du père de la Révolution cubaine. Elle a valorisé les politiques menées dans les domaines de l’éducation, de la santé et de la culture, ainsi que l’importance accordée à la jeunesse.

La diplomate a également évoqué l’internationalisme cubain, concrétisé par la participation de médecins, d’enseignants et de techniciens à des missions à travers le monde, particulièrement en Afrique.
Enith Pérez Retureta a par ailleurs dénoncé le blocus et les mesures de pression économique exercées par les États-Unis. Selon elle, ces contraintes affectent directement l’accès de la population aux produits essentiels tels que les médicaments, la nourriture et le carburant. Malgré ces difficultés, elle a affirmé la détermination de son pays à préserver son indépendance : « Le destin de Cuba, nous le construisons et nous le décidons, nous les Cubains », a-t-elle déclaré.
Des idéaux toujours actuels
Le colonel-major à la retraite Sanou Blaise a estimé que la commémoration devait surtout être l’occasion de réfléchir aux idéaux et aux valeurs défendus par Fidel Castro.

Il a établi une continuité entre la Révolution démocratique et populaire (RDP) et la Révolution progressiste populaire (RPP). Selon lui, les défis de l’époque – notamment la maîtrise des ressources nationales et la recherche d’une véritable indépendance face aux puissances étrangères – restent d’actualité. Pour lui, la résilience cubaine peut fournir de précieux enseignements au Burkina Faso dans sa quête de souveraineté et face aux défis sécuritaires actuels.
La cérémonie s’est achevée par la projection de films documentaires consacrés à Fidel Castro, à la Révolution cubaine et aux relations entre Cuba et les peuples engagés dans les luttes pour leur souveraineté.

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