Dans une dynamique d’affirmation de la souveraineté nationale, le Burkina Faso vient de franchir un tournant majeur avec l’inauguration du complexe textile TEXFORCES-BF à Logofourousso. En transformant son propre « or blanc » sur son sol, le Pays des Hommes Intègres rompt de manière spectaculaire avec des décennies de dépendance économique.
Par la Rédaction – Burkina Yawana
Pendant trop longtemps, le scénario est resté désespérément le même : produire un coton d’exception, l’exporter brut à vil prix, puis réimporter des produits finis à prix fort. Une logique néocoloniale à laquelle l’État burkinabè met aujourd’hui un coup d’arrêt définitif. Situé à Logofourousso, sur un site de 9 hectares à une quinzaine de kilomètres de Bobo-Dioulasso, le complexe industriel TEXFORCES-BF incarne la concrétisation directe du slogan devenu doctrine : la souveraineté par l’acte.

Un géant industriel sorti de terre en temps record
Posée en avril 2024, la première pierre de ce géant industriel a débouché sur une prouesse logistique et technique : le chantier n’a duré que 28 mois et 13 jours. Porté par un capital social de 17 milliards de FCFA, TEXFORCES-BF repose entièrement sur une vision d’autonomie financière et d’endogénéité.
Les chiffres traduisent à eux seuls le changement de dimension pour le secteur textile national et sous-régional. L’infrastructure permettra la transformation de 50 000 tonnes de coton brut par an à terme pour une production annuelle impressionnante de 100 millions de mètres de tissus. Sur le plan social et économique, ce sont 20 000 emplois directs qui seront créés pour la jeunesse et les travailleurs locaux.

L’usine fournira une gamme complète d’habillements stamped Made in Burkina allant des tissus, mailles et tee-shirts jusqu’aux chaussettes, destinés aussi bien aux besoins de la population civile qu’aux équipements des forces militaires.
Capitaine Ibrahim Traoré : « On a cassé avec ce mythe des investisseurs étrangers »
Pour le chef de l’État, le Capitaine Ibrahim Traoré, cette inauguration dépasse largement le cadre économique. Il s’agit d’un symbole identitaire, moral et politique majeur. « Ce n’est pas uniquement un complexe industriel, c’est un message, c’est un symbole. Quand on parle de souveraineté, ce ne sont pas que des mots. Ce sont des actes […] Pour un être humain, se vêtir fait partie de protéger sa dignité, de la même façon que s’alimenter. »

Revenant sur le modèle de financement, le Capitaine Traoré a insisted sur la rupture idéologique incarnée par TEXFORCES-BF : « Ce ne sont pas des investisseurs étrangers qui sont venus le faire, on a cassé avec ce mythe d’investisseurs étrangers. Ce ne sont pas des capitaux étrangers, c’est propre à nous. C’est un complexe qui a été financé par le peuple burkinabè pour faire tout ce que le peuple veut en matière de textile. »
Installé à Sya, véritable poumon industriel de la nation et cœur de la zone cotonnière, ce complexe n’est que la première étape d’un maillage industriel plus vaste. D’autres unités textiles verront le jour dans d’autres régions, au fur et à mesure que la Société Nationale d’Électricité du Burkina (SONABEL), bras armé de l’État en matière énergétique, renforcera l’offre d’électricité sur l’ensemble du territoire pour alimenter ces nouvelles usines.
Exigence et pérennité : La feuille de route de la gouvernance
Si l’enthousiasme est au rendez-vous, la rigueur de gestion reste la clef de voûte de cette entreprise nationale. Le président du conseil d’administration de TEXFORCES-BF, le Général de brigade Ismaël Diaouari, a rappelé que l’inauguration de l’usine marquerait surtout le début d’un combat d’exigence à long terme.

« Construire TEXFORCES-BF en deux ans fut difficile. Faire de TEXFORCES-BF une entreprise industrielle performante pendant les cinq, dix, trente prochaines années sera plus exigeant encore. L’inauguration n’est donc pas pour nous un aboutissement. À compter d’aujourd’hui, notre responsabilité est de durer. »
Pour garantir cette viabilité économique face aux défis du marché, le PCA promet une gestion exemplaire axée sur la productivité, le respect des délais, le maintien de l’outil industriel et une transparence totale, portée par une gouvernance vertueuse où chaque décision sera guidée par l’intérêt de l’entreprise et celui de la nation.
En redonnant au coton burkinabè toute sa valeur ajoutée sur son propre territoire, le Burkina Faso prouve à la sous-région qu’une alternative fondée sur le travail, l’auto-effort et la dignité est non seulement possible, mais désormais opérationnelle.

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