À l’occasion d’une audience accordée au Sous-Secrétaire général par intérim du Bureau des Nations Unies de lutte contre le terrorisme (UNOCT), le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, a livré un plaidoyer sans concession. Tout en saluant le partenariat avec l’ONU, le Chef de la diplomatie a dénoncé le silence assourdissant et le double jeu de la communauté internationale face aux exactions des groupes armés terroristes.
Par la rédaction – Burkina Yawana
C’est en marge des travaux des Nations Unies à New York que le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération régionale et des Burkinabè de l’extérieur, Karamoko Jean Marie Traoré, s’est entretenu ce vendredi 25 septembre avec Alexandre Zouev, Sous-Secrétaire général par intérim de l’UNOCT.
Au cœur des échanges : le bilan du partenariat bilatéral et la recherche de voies et moyens pour optimiser l’appui de l’instance onusienne dans la guerre contre le terrorisme au Burkina Faso, notamment sur le plan du renforcement des capacités opérationnelles et des enquêtes antiterroristes.
Réorienter l’action : l’urgence de la prévention
Tout en réaffirmant l’appréciation du Burkina Faso pour cet accompagnement technique, le ministre a tenu à recadrer les priorités. Tirant les leçons des limites des stratégies passées, Karamoko Jean Marie Traoré a insisté sur la nécessité impérieuse d’investir massivement dans la prévention. Pour le Burkina Faso, la priorité absolue doit être d’assécher les canaux de recrutement des jeunes par les groupes armés en adoptant une approche globale, inclusive et mobilisant l’ensemble des acteurs stratégiques.

Incompréhension et indignation face au « silence complice »
Mais le moment fort de cette rencontre réside dans la ferme mise au point du patron de la diplomatie burkinabè vis-à-vis de l’attitude ambiguë des institutions internationales et de certains partenaires. Karamoko Jean Marie Traoré a exprimé une vive indignation face à ce qu’il qualifie de « caution non avouée » accordée aux criminels qui deuillent le Sahel.
Prenant pour preuve la passivité générale observée lors des récents événements au Mali, le ministre est revenu sur l’incompréhension totale des peuples et des dirigeants de la Confédération des États du Sahel (AES) : « Pour nous, c’est une sorte de caution non avouée à un groupe pourtant reconnu mondialement comme terroriste. Le JNIM a profité d’audiences médiatiques alors que c’est un groupe qui porte sur sa conscience la mort d’enfants, de femmes et d’hommes au Burkina Faso, au Mali, au Niger et dans d’autres pays du monde », a martelé le ministre.
Pour les pays de l’AES, voir des groupes criminels bénéficier d’une tribune ou d’un silence radio lorsque des alliances néfastes s’organisent sur le terrain constitue une insulte à la mémoire des victimes et un coup de poignard dans le dos des forces combattantes.
Un appel à la responsabilité collective
Concluant son propos, Karamoko Jean Marie Traoré a lancé un appel vibrant et solennel à la communauté internationale pour un sursaut éthique : fin de la complaisance, fin du deux poids deux mesures.
Le Burkina Faso et ses alliés de l’AES exigent désormais une responsabilité accrue et un refus catégorique de toute instrumentalisation politique de la menace terroriste. La lutte contre le fléau ne s’accommodera plus des demi-mesures ni du silence sélectif.

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