Édito : L’arroseur arrosé – France 24 : qui fait finalement la propagande ?

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Dans le théâtre des médias internationaux, la baisse de niveau ne surprend plus, mais l’amateurisme et la mauvaise foi continuent de scandaliser. Le dernier épisode en date diffusé sur les ondes de France 24 en offre une démonstration magistrale. Sur un plateau parisien, le journaliste présentait avec une assurance déconcertante une contre-vérité effarante : au moment où le Capitaine Ibrahim Traoré prenait le pouvoir en septembre 2022, seulement 40 % du territoire burkinabè aurait été contrôlé par les groupes terroristes.

Pire, selon ses calculs arithmétiques fantaisistes, il l’affirme sans l’ombre d’un conditionnel, la bouche en cœur : « aujourd’hui c’est quasiment le double » pour atteindre 80 %. À ses côtés, Newton Ahmed Barry, journaliste burkinabè ayant fait le choix de l’exil hexagonal, observait un silence complice. Aucun rappel à la réalité, aucune nuance, aucune contradiction.

Par la rédaction – Burkina Yawana

La méconnaissance flagrante du sujet s’est étalée au grand jour lorsque ce même journaliste a affirmé sans sourciller que le Capitaine Ibrahim Traoré avait renversé « un autre Capitaine, Paul-Henri Damiba ». Confondre un Capitaine avec un Lieutenant-Colonel montre à quel point ces prétendus experts ne maîtrisent ni le terrain, ni les acteurs, ni même les fondamentaux de l’actualité qu’ils prétendent analyser. Quand on ignore jusqu’au grade de l’ancien chef d’État d’un pays dont on parle en direct à une heure de grande écoute, quelle crédibilité peut-on accorder au reste de son discours ? C’est tout simplement flagrant.

C’est quoi ce journalisme ? Même si le journaliste et son invité tenaient mordicus à leur narratif des 80 %, la règle élémentaire de la profession exige au minimum d’évoquer la version des autorités burkinabè. C’est le principe de base du traitement équilibré d’une information : rapporter les chiffres officiels, qui font état de 74 % du territoire reconquis ou sécurisé. L’omission délibérée de cette donnée factuelle sur un plateau télévisé ne relève plus de l’oubli, mais du parti pris idéologique.

Pourtant, la réalité du terrain s’impose à tous, y compris aux organisations internationales. Récemment, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) saluait le retour de plus d’un million de personnes déplacées internes dans leurs localités d’origine. Comment un pays prétendument sous blocus terroriste à 80 % pourrait-il orchestrer et réussir le réacheminement et la réinstallation d’un million de citoyens dans leurs foyers ?

Faisons un calcul simple pour exposer l’imposture de cette affirmation. Le Burkina Faso s’étend sur une superficie totale de 274 200 km². Si l’on suit la logique absurde de France 24 selon laquelle 80 % du territoire serait aux mains des terroristes, cela signifierait que 219 360 km² échapperaient totalement au contrôle de l’État. Il ne resterait alors au peuple burkinabè, à son armée et à son administration que 20 % du pays, soit à peine 54 840 km². En clair, selon France 24, le gouvernement burkinabè ne contrôlerait plus que Ouagadougou, Bobo-Dioulasso et une poignée de petites localités environnantes ! Quiconque traverse aujourd’hui le Faso, de l’Ouest au Centre-Sud, du Plateau-Central aux régions libérées, sait que cette projection relève de la pure science-fiction.

Ce fiasco n’est d’ailleurs pas un accident isolé, mais s’inscrit dans une ligne éditoriale coutumière du pire. Faut-il rappeler qu’au-delà des conspirateurs et des opposants amers reçus régulièrement en fanfare sur ses plateaux, France 24 a poussé l’indignité jusqu’à ouvrir ses antennes, à plusieurs reprises, à des terroristes d’Al-Qaïda ? Tendre le micro à des criminels pour leur offrir une tribune légitime tout en piétinant les efforts de libération d’un peuple souverain : voilà la véritable « marque de fabrique » de la chaîne.

Ces médias occidentaux sont pourtant les premiers à distribuer les brevets de déontologie, accusant à longueur de journée nos médias souverains de faire de la propagande ou de la communication d’État. La couverture unilatérale et militante de la guerre en Ukraine nous avait déjà montré les limites de leur objectivité.

Aujourd’hui, le cas du Burkina Faso enfonce le clou. Qui fait de la vraie propagande ? Qui manipule les opinions ? L’arroseur est bel et bien arrosé. À Burkina Yawana, nous rappelons que le vrai journalisme ne se fabrique pas dans le confort des studios parisiens avec des statistiques inventées, des tribunes offertes à la terreur et une méconnaissance crasse des faits. La vérité s’écrit sur le terrain, aux côtés des FDS, des VDP et d’un peuple souverain déterminé à reconquérir jusqu’au dernier centimètre carré de son territoire.


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