Le procès opposant l’ancien ministre Lionel Bilgo et son directeur exécutif au ministère public a connu un nouveau rebondissement ce lundi 5 octobre 2026 devant le pôle économique et financier (ECOFI). Appelée à la barre dès 8 heures, l’affaire a pris une nouvelle tournure procédurale marquée par la séparation des poursuites et une demande de renvoi sollicitée par le parquet.
Par Issouf Kinda (stagiaire) depuis Bobo-Dioulasso – Burkina Yawana
Appelé à présenter ses observations, le ministère public est revenu sur la qualification des faits, précisant que la prévention retenue pour l’audience du jour porte sur le blanchiment de capitaux, une infraction consécutive à celle de promotion illégale d’activités foncières. Le représentant du parquet a ensuite motivé sa demande d’ajournement : « Nous avons été contactés par l’Agent judiciaire de l’État qui demande un renvoi du dossier pour être prêt avec d’autres documents à l’appui », a-t-il exposé devant la juridiction.
Cette requête a immédiatement provoqué la vive réaction de la défense. Exprimant son incompréhension face au dédoublement des procédures, le conseil des prévenus a martelé : « Pour ce dossier, nous sommes prêts à tout pour que le jugement puisse avoir lieu aujourd’hui. Nous ne comprenons pas pourquoi il y a deux poursuites distinctes. » Une position à laquelle le ministère public a rétorqué : « L’objectif n’est pas de faire comprendre, mais de faire des poursuites pour mieux expliquer le problème », avant de solliciter un report au 19 octobre prochain.
Prenant acte de la situation, la défense a réaffirmé sa position sur la conduite de la procédure : « Nous ne voulons pas trop nous attarder avec le parquet, sinon qu’à la dernière audience, nous avons fait remarquer que sur les procès-verbaux d’enquêtes préliminaires, on parlait d’une poursuite de blanchiment de capitaux. Concernant la date de renvoi, nous n’avons rien à dire. »
À la suite de ces échanges, le dossier a été formellement renvoyé au 19 octobre 2026 à la demande du ministère public, dans l’attente notamment d’une décision de la cour d’appel.
Récapitulatif et rappel des faits
L’ancien ministre de l’Éducation nationale et ex-porte-parole du gouvernement, Lionel Bilgo, ainsi que le gérant de la société SITRAF, Vincent de Paul Kaboré, ont été interpellés et placés sous mandat de dépôt le 28 août 2026. L’affaire découle de soupçons de spéculation foncière et de vente illégale de parcelles nues sur les sites de Léguéma et Lôgofourousso. Initialement poursuivis pour exercice illégal d’activités de promotion foncière et publicité sans autorisation en violation de la loi du 20 juin 2023, les deux hommes font également l’objet de poursuites pour blanchiment de capitaux. Après un premier renvoi et le rejet d’une demande de liberté provisoire, les débats se poursuivent devant le pôle économique et financier (ECOFI). Burkina Yawana continuera de suivre de près l’évolution de cette procédure jusqu’à la prochaine audience fixée au 19 octobre.

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