Procès devant le pôle ECOFI : La liberté provisoire refusée à Lionel Bilgo et Vincent de Paul Kaboré, le dossier renvoyé au 5 octobre

Publié par

le

La salle d’audience du Tribunal de grande instance (TGI) de Bobo-Dioulasso a de nouveau servi de cadre aux débats sur le dossier opposant le ministère public à l’ancien ministre Lionel Bilgo et à son co-prévenu Vincent de Paul Kaboré, gérant de la société SITRAF. Examinant la demande de liberté provisoire formulée par les prévenus, le tribunal a finalement tranché en faveur du maintien en détention, renvoyant la suite de la procédure au 5 octobre 2026.

Par Issouf Kinda (stagiaire) depuis Bobo-Dioulasso – Burkina Yawana

Prenant directement la parole devant le tribunal, l’ex-ministre Lionel Bilgo est revenu sur le déroulement de leur garde à vue, apportant des précisions sur le calendrier de leur privation de liberté. « Nos conseils parlent du 28 [août] comme date de notre détention, mais je précise que c’est dix jours avant le 28 que nous avons été retenus au commissariat central », a-t-il déclaré. Exprimant son amertume face à la lenteur des procédures, il a ajouté : « Nous avions confiance que le 4 nous serions entendus, mais cela n’a pas été le cas parce que nous avons appris qu’il y a des enquêtes complémentaires. »

L’ancien membre du gouvernement a également insisté sur leur sentiment d’affliction et leur volonté de coopérer activement avec l’institution judiciaire : « Camarade président, nous sommes affligés, nous sommes fatigués… Nous sommes venus de nous-mêmes parce que nous avions reçu des convocations », soulignant ainsi l’absence totale de volonté de se soustraire à la justice.

Son co-prévenu, Vincent de Paul Kaboré, a embrayé dans le même sens en faisant part des répercussions sociales et économiques de cette incarcération sur leur quotidien. « Nous sommes venus de nous-mêmes. Actuellement, nous ne travaillons pas et nous avons beaucoup de charges de famille. Nous demandons tout simplement d’accorder la demande de liberté provisoire, qui est aussi notre droit », a-t-il plaidé.

En réplique, le ministère public s’est fermement opposé à cette demande d’élargissement. Pour le représentant du parquet, les garanties de représentation présentées ne sont pas suffisantes. Le parquet a étayé sa position en rappelant que certains citoyens poursuivis par le passé avaient pris l’engagement de se présenter devant les juges avant de prendre la fuite, justifiant ainsi le maintien de la mesure de détention.

Face à cette opposition du parquet, les conseils des prévenus sont intervenus pour s’interroger vivement sur le calendrier judiciaire et la date effective de jugement de leurs clients, particulièrement si le parquet envisage de solliciter d’autres renvois ou une transmission vers une autre instance tout en maintenant le refus de liberté provisoire.

À la suite de ces échanges, le président de l’audience a suspendu les débats pour une trentaine de minutes. À la reprise des audiences à 10 h 22 min, la décision est tombée : la demande de liberté provisoire a été rejetée et l’affaire a été renvoyée au 5 octobre 2026.

Récapitulatif et rappel des faits

L’ancien ministre de l’Éducation nationale et ex-porte-parole du gouvernement, Lionel Bilgo, ainsi que le gérant de la société SITRAF, Vincent de Paul Kaboré, ont été interpellés et placés sous mandat de dépôt le 28 août 2026. L’affaire découle de soupçons de spéculation foncière et de vente illégale de parcelles nues sur les sites de Léguéma et Lôgofourousso. Ils étaient initialement poursuivis pour exercice illégal d’activités de promotion foncière et publicité sans autorisation, en violation de la loi du 20 juin 2023 portant promotion immobilière. La première audience du 4 septembre 2026 avait été renvoyée au 18 septembre pour la production de pièces complémentaires. Burkina Yawana, qui suit de près ce dossier depuis ses débuts, continuera de vous informer des développements de cette procédure dont les débats se sont ouverts ce lundi 21 septembre devant le pôle économique et financier (ECOFI).


En savoir plus sur Burkina Yawana

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

Votre commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

En savoir plus sur Burkina Yawana

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture