15 octobre 1987 : Thomas Sankara est tombé hier, son combat porté aujourd’hui par Ibrahim Traoré

Publié par

le

Le 15 octobre 1987, le capitaine Thomas Sankara a été assassiné à Ouagadougou avec douze de ses compagnons, mettant fin à quatre années de Révolution. Trente-neuf ans après son assassinat, le Burkina Faso se souvient d’une page douloureuse de son histoire. Cette date, devenue une journée nationale d’hommage, ravive le débat sur l’héritage politique du père de la Révolution et les valeurs qu’il a défendues.

Par André Yameogo et Abibata Kara (stagiaire) – Burkina Yawana

Né le 21 décembre 1949 à Yako, Thomas Isidore Noël Sankara suit une formation militaire avant de s’imposer sur la scène politique nationale. En septembre 1981, il est nommé secrétaire d’État à l’Information sous le régime du colonel Saye Zerbo. Il démissionne le 12 avril 1982 pour protester contre les restrictions imposées à la liberté d’expression et la suspension du droit de grève.

En janvier 1983, il devient Premier ministre sous la présidence de Jean-Baptiste Ouédraogo. Mais son orientation politique et ses prises de position lui valent d’être arrêté puis placé en résidence surveillée en mai de la même année.

Le 4 août 1983, un coup d’État conduit par des militaires proches du « Che Guevara africain » le porte à la tête du pays. À 33 ans, il devient président du Conseil national de la Révolution (CNR) et engage une transformation politique, économique et sociale de la Haute-Volta.

Le 4 août 1984, à l’occasion du premier anniversaire de la Révolution, le pays change de nom et devient le Burkina Faso, ce qui signifie « pays des hommes intègres ». Ce changement de nom s’accompagne de nouvelles armoiries, d’un nouveau drapeau et d’un nouvel hymne national.

À la tête du pays, Thomas Sankara défend une vision basée sur le concept du « produisons et consommons burkinabè », la lutte contre les inégalités, la promotion de la femme, la valorisation des ressources nationales et la réduction de la dépendance extérieure. Son discours panafricaniste et ses appels à l’autonomie économique dépassent vite les frontières du Burkina Faso.

Le 15 octobre 1987, Thomas Sankara fut assassiné

Le jeudi 15 octobre 1987, Thomas Sankara participe à une réunion au Conseil de l’Entente, à Ouagadougou. Une attaque armée survient sur les lieux. Le président est assassiné avec douze de ses compagnons. Cet événement intervient dans un contexte de tensions et de divergences au sein du pouvoir révolutionnaire. Le capitaine Blaise Compaoré prend ensuite la tête du pays. La mort de Sankara ouvre une nouvelle page de l’histoire politique du Burkina Faso.

En 2022, la justice militaire burkinabè condamne Blaise Compaoré par contumace à la prison à perpétuité pour sa participation à l’assassinat, aux côtés d’autres accusés reconnus coupables de leur rôle dans cette affaire. Aujourd’hui, le 15 octobre est une journée d’hommage au père de la Révolution et à ses compagnons.

Ibrahim Traoré, sur les traces de Thomas Sankara

Trente-neuf ans après l’assassinat de Thomas Sankara, sa vision de la souveraineté nationale continue de marquer la vie politique burkinabè. Son combat pour l’indépendance économique, la valorisation des ressources nationales et la dignité des peuples africains se manifeste aujourd’hui dans les orientations défendues par le capitaine Ibrahim Traoré, président du Faso. À travers ses discours et sa volonté de rompre avec certaines formes de dépendance extérieure, le dirigeant actuel entend inscrire son action dans la continuité de cette vision révolutionnaire.

Arrivé au pouvoir le 30 septembre 2022, Ibrahim Traoré fait de la souveraineté nationale et de l’autonomie économique de grands axes de son action politique. La promotion du « produisons et consommons burkinabè », la valorisation des ressources naturelles et l’appel à la mobilisation patriotique rappellent plusieurs orientations défendues par Thomas Sankara durant la Révolution démocratique et populaire (RDP) de 1983 à 1987.

Comme son prédécesseur historique, Ibrahim Traoré affirme que le Burkina Faso doit compter sur ses propres forces et maîtriser les ressources dont il dispose. Cette volonté de renforcer les capacités nationales et de redonner une grande place à la production locale constitue l’un des principaux points de rapprochement entre les deux dirigeants.

Il convient de noter que l’époque des années 1980 différait profondément du contexte actuel. Thomas Sankara a conduit la Révolution dans un cadre international et national distinct, tandis qu’Ibrahim Traoré fait face à d’importants défis sécuritaires et à une recomposition des alliances internationales. Les méthodes, les moyens et les réalités ne sont pas les mêmes, mais la volonté de faire du Burkina Faso un pays maître de son destin demeure un véritable point de convergence entre les deux hommes.


En savoir plus sur Burkina Yawana

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

Votre commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

En savoir plus sur Burkina Yawana

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture