L’État-Major Général des Forces Armées du Bénin a annoncé la présence prochaine du porte-hélicoptères amphibie français Le Mistral dans les eaux béninoises du 22 au 27 octobre 2026. Une escale militaire qui intervient à peine quelques jours après la visite officielle du nouveau président béninois Romuald Wadagni à l’Élysée, ravivant et installant un climat de méfiance avec l’Alliance des États du Sahel (AES) sur la présence française aux portes du Sahel.
Par la rédaction – Burkina Yawana
Depuis son investiture à la tête du Bénin en mai 2026, le président Romuald Wadagni multiplie les initiatives diplomatiques pour détendre les relations sécuritaires et politiques avec ses voisins sahéliens. Conscient du climat de méfiance tenace, le chef de l’État béninois a entrepris une tournée de prise de contact et de réassurance auprès des autorités de l’AES. Toutefois, ses récentes démarches diplomatiques – illustrées par sa rencontre avec Emmanuel Macron à Paris début octobre – peinent à dissiper les craintes régionales.
Des griefs persistants de la part de Niamey
Pour le Niger et ses alliés du Sahel, le dossier béninois reste particulièrement sensible. Les autorités nigériennes – sous Patrice Talon – ont à maintes reprises accusé Cotonou d’abriter des bases arrière ou de servir de relais logistique à des manœuvres de déstabilisation orchestrées avec le concours de l’armée française. Bien que Cotonou ait toujours démenti ces allégations, l’annonce de manœuvres navales d’envergure avec la Marine nationale française nourrit à nouveau les réserves des pays de l’AES.
Selon l’État-Major des armées béninoises, l’arrivée du porte-hélicoptères Le Mistral s’inscrit dans le cadre de l’opération régionale CORYMBE, déployée par la France dans le Golfe de Guinée depuis 1990. Les autorités béninoises soulignent que cette escale vise principalement à renforcer l’interopérabilité entre les marines béninoise et française au travers d’exercices conjoints organisés en mer et à terre.
Sécurité maritime contre méfiance géopolitique
Les manœuvres prévues ont pour objectif officiel de consolider les capacités de réponse face aux menaces maritimes qui pèsent sur la sous-région, à savoir la piraterie, le brigandage, la pêche illicite et les trafics transfrontaliers. Capable de projeter des troupes et des équipements lourds, d’assurer des missions de soutien médical et de piloter des opérations interarmées, Le Mistral constitue un outil stratégique majeur.
Cependant, alors que le Mali, le Burkina Faso et le Niger prônent une rupture nette avec l’ancienne puissance coloniale et ont exigé le départ des forces françaises de leur sol, la persistance de cette coopération militaire côtière souligne le fossé stratégique qui se creuse en Afrique de l’Ouest. En dépit des gestes d’apaisement tentés par le pouvoir béninois, la présence de bâtiments de guerre français dans la région continue d’alimenter une vigilance de tous les instants du côté de Ouagadougou, Bamako et Niamey.

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