Les Rencontres Musicales Africaines (REMA) ont lancé leur 9ᵉ édition ce mercredi 21 octobre 2026 à Ouagadougou. Placée sous le thème « Followers, de passifs à actifs », cette édition ambitionne de transformer les communautés numériques des artistes en véritables leviers de développement de carrière.
André Yameogo, Abibata Kara (stagiaire) – Burkina Yawana
Pour cette nouvelle édition, les REMA réunissent à nouveau les professionnels de l’industrie autour des enjeux majeurs du secteur. La cérémonie d’ouverture, ponctuée d’allocutions officielles et de prestations artistiques, a donné le ton des réflexions à venir.
Représentant le ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, le chargé de mission Michel Saba a salué la constance des organisateurs et la place de choix qu’occupent désormais les REMA dans l’agenda culturel régional et international. Dans le contexte de la Révolution Progressiste Populaire (RPP), a-t-il rappelé, la culture constitue un levier essentiel de mobilisation des consciences, de valorisation des identités et de transformation socio-économique. Au-delà de l’expression artistique, la musique demeure une source précieuse d’emplois et d’opportunités pour la jeunesse.
Dépasser le virtuel pour soutenir la création
Pour Michel Saba, accumuler des vues, des likes et des abonnés ne suffit plus à assurer la viabilité économique d’un artiste. Il a ainsi invité le public à passer à l’action : écouter activement, partager les œuvres, assister aux spectacles et contribuer concrètement aux projets des créateurs.

Il a également rappelé les défis persistants du secteur, notamment le financement de la création, la rémunération équitable des artistes, la gestion du droit d’auteur, la distribution et l’accès aux marchés. Le renforcement des compétences, l’innovation dans les mécanismes de financement et la consolidation des partenariats public-privé figurent, selon lui, parmi les pistes clés pour structurer durablement l’industrie.
De son côté, le directeur artistique des REMA, Mohamed Kaboré, alias Alif Naaba, a réaffirmé la vision de l’événement : bâtir une industrie musicale africaine forte et pérenne grâce au partage de bonnes pratiques et à la promotion des talents émergents.

IA, concerts et innovations logistiques
L’une des innovations majeures de cette édition réside dans l’organisation d’un forum sur l’Intelligence Artificielle (IA), initié en collaboration avec le ministère de la Culture et le PNUD. L’objectif est de mener une réflexion approfondie sur les mutations induites par l’IA dans le processus créatif et d’aider les artistes africains à saisir ces opportunités tout en préservant leurs droits.
Côté scène, la programmation prévoit deux grandes soirées de concerts : l’une ouverte à la diversité musicale du continent et l’autre entièrement dédiée aux talents burkinabè, associant showcases et parcours d’accompagnement spécifique.

Cette 9ᵉ édition s’illustre enfin par son format renouvelé : un lancement en soirée accordant une large place à la prestation live, et le regroupement de l’ensemble des activités au Centre culturel du Faso, réaménagé pour la circonstance afin d’accueillir un public encore plus nombreux. Trois jours de rencontres, de réflexions prospectives et de célébration de la musique africaine sont ainsi lancés.

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