La dynamique de rupture avec la Cour pénale internationale (CPI) prend de l’ampleur sur le continent africain. Dans la foulée des pays de la Confédération des États du Sahel (AES) – dont le Burkina Faso, le Mali et le Niger -, N’Djamena franchit à son tour le pas.
Par la rédaction – Burkina Yawana
Le gouvernement tchadien a officiellement notifié ce lundi au Secrétaire général des Nations unies sa décision souveraine de se retirer du Statut de Rome instituant la CPI, a appris Burkina Yawana auprès du média tchadien Tchadinfos, qui cite un communiqué du ministère des Affaires étrangères de la République du Tchad.
Un constat de sélectivité et de partialité
Selon les précisions de Tchadinfos, cette démarche engagée au titre de l’article 127 du Statut de Rome survient au terme d’un « examen approfondi » du fonctionnement de l’instance judiciaire internationale depuis son entrée en vigueur en 2002.
Dans ses arguments, le gouvernement tchadien pointe du doigt un bilan jugé « limité » ainsi qu’une concentration spatiotemporelle et disproportionnée des procédures sur l’Afrique. N’Djamena rappelle que sur treize situations judiciaires ouvertes par la CPI, neuf visent directement des États africains. Ce constat alimente, selon les autorités tchadiennes, la perception d’une justice internationale sélective, politisée et instrumentalisée.
Vers une affirmation de la souveraineté judiciaire africaine
Cette prise de position du Tchad résonne fortement avec la démarche souverainiste portée au niveau régional par l’Alliance des États du Sahel (AES). Le Burkina Faso et ses alliés sahéliens ont déjà formalisé leur démarche de retrait auprès de l’ONU, dénonçant un outil de pression géopolitique et réaffirmant leur volonté de promouvoir une justice endogène et décolonisée.
Dans la même ligne que l’AES, N’Djamena appelle l’Union africaine (UA) et ses États membres à dynamiser et à rendre opérationnels les mécanismes judiciaires continentaux. L’objectif partagé est de bâtir une justice africaine « plus équitable, plus crédible et plus efficace », pleinement respectueuse de la souveraineté des nations.
Les autorités tchadiennes ont toutefois tenu à préciser que ce retrait ne signifie pas un abandon de la lutte contre l’impunité. Le gouvernement réaffirme son engagement à poursuivre les auteurs des crimes les plus graves à travers les juridictions nationales et les instruments internationaux régionaux, convaincu des capacités croissantes des juridictions africaines à assumer cette responsabilité.
Conformément à l’article 127 du Statut de Rome, le retrait prendra effet un an après la réception formelle de la notification par le Secrétariat général des Nations unies.

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