ÉDITORIAL – « Ce n’est pas IA, c’est IB » : Quand le terrain balaye la fiction

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À l’heure où la planète s’émerveille devant les algorithmes et la magie virtuelle de l’intelligence artificielle, une réplique ciselée par la sagesse populaire – initiée à l’origine par les services de communication de la présidence – s’est emparée de la rue burkinabè : « Ce n’est pas IA, c’est IB ». La formule, devenue virale, dépasse le simple mot d’esprit. Elle agit comme un miroir tendu à l’époque, un manifeste politique qui résume la rupture majeure opérée sous la présidence du Capitaine Ibrahim Traoré.

Par Lamine Traoré / Directeur de publication – Burkina Yawana

Pendant trop longtemps, la gouvernance sur notre continent a ressemblé à une modélisation virtuelle : des discours policés, des maquettes d’ingénieurs rangées dans des tiroirs, des promesses théoriques et des chantiers fantômes financés à coups d’aides conditionnées. C’était le règne de l’illusion, une forme d’« IA » politique où tout semblait exister sur le papier, mais où rien ne transformait véritablement le quotidien des citoyens.

À cette rhétorique du virtuel, le peuple oppose aujourd’hui le pragmatisme d’« IB ». Sur le terrain, la Révolution progressiste populaire (RPP) ne se décrète pas dans des salons feutrés, elle se mesure à l’usine de transformation de tomates, à la raffinerie d’or, au récent complexe industriel textile, dans les bas-fonds réhabilités pour l’offensive agropastorale et dans la montée en puissance inédite des Forces armées burkinabè et des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP).

Le récent passage du chef de l’État à Bobo-Dioulasso est venu enfoncer le clou face aux forces conservatrices. En s’adressant à la jeunesse et aux forces vives, le Capitaine Traoré a tenu un langage de vérité qui dérange. Aux sceptiques de la RPP qui attendent le miracle sans vouloir en payer le prix, il a rappelé que la liberté a un coût endogène. Aux détracteurs internes englués dans leurs calculs d’arrière-boutique, il a opposé l’irréfutabilité des résultats. Enfin, face aux officines impérialistes qui cherchent à faire taire la voix du Faso parce qu’elle libère les consciences africaines, la réponse est restée intraitable : le Burkina Faso ne fera aucun pas en arrière.

Dans cette bataille de communication où certains cherchent encore à semer la confusion, la rue burkinabè a tranché. En choisissant la preuve par l’acte, elle rappelle aux théoriciens du doute une vérité fondamentale : aucune fiction, aussi élaborée soit-elle, ne peut étouffer la réalité d’un peuple debout et déterminé à reprendre son destin en main.


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