Face au scepticisme et aux moqueries qui ont circulé sur les réseaux sociaux concernant la capacité du Burkina Faso à produire ses propres véhicules de combat, la réplique du chef de l’État ne s’est pas fait attendre. Recevant ce lundi 21 septembre 2026 les lauréates de Hakili Mousso – le concours de détection des talents scientifiques féminins -, le Capitaine Ibrahim Traoré a livré un discours de fermeté, d’émulation scientifique et de pragmatisme stratégique.
Par la rédaction – Burkina Yawana
L’échec comme moteur de l’excellence scientifique
S’adressant directement à la jeunesse et aux femmes scientifiques, le Président du Faso a martelé un message d’autonomisation et de résilience : « Vous êtes capables de tout faire. Ne jamais avoir peur d’échouer une ou deux fois. Il faut persévérer. Allons-nous passer tout le temps à payer et à consommer ? »
Pour illustrer son propos, le chef de l’État a rappelé que l’autosuffisance militaire burkinabè est le fruit d’un long processus rigoureux entamé dès 2023. « Nous avons échoué au début sur des modèles, mais aujourd’hui nous avons un modèle qui est presque parfait et qui fait notre fierté. »
Loin d’être un simple assemblage de pièces, le président insiste sur la dimension intellectuelle et technique de l’initiative : « Tant de blindés… rares sont ces pays qui peuvent fabriquer leur moteur. C’est un travail scientifique que nous faisons. Quelle est notre situation de guerre ? Qu’est-ce qu’on veut pour nos hommes en fonction de notre terrain ? C’est un travail scientifique pour créer quelque chose qui s’adapte à notre contexte. »
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : de novembre 2025 à aujourd’hui, la chaîne de production nationale a livré près de 300 blindés aux Forces de Défense et de Sécurité (FDS) et aux Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP).
Le décalage des standards occidentaux face aux réalités du terrain
Pour justifier ce virage vers le « Made in Burkina », Ibrahim Traoré a partagé une anecdote révélatrice sur l’incompréhension des partenaires internationaux quant aux réalités de la guerre asymétrique locale.
Alors que le Burkina Faso cherchait à acquérir des hélicoptères pour l’évacuation sanitaire des blessés, certains partenaires internationaux, estimant le pays suffisamment équipé, ont suggéré d’effectuer ces évacuations par la route.
Le chef de l’État a ainsi souligné le décalage flagrant entre les analyses des partenaires étrangers et les réalités concrètes du terrain burkinabè. Selon lui, ces alliés méconnaissent les spécificités d’un conflit marqué par la menace permanente des engins explosifs improvisés (IED) et par un réseau routier dégradé. Alors que les pays occidentaux disposent d’infrastructures adaptées au transport terrestre des blessés, le Burkina Faso ne peut se passer du vecteur aérien sous peine de vouer ses soldats touchés à une mort certaine. Ce constat démontre que même les standards militaires de l’OTAN s’avèrent inadaptés aux exigences spécifiques de cette guerre, justifiant pleinement le développement de solutions souveraines.
C’est fort de ce constat que l’ingénierie locale a conçu des blindés sur-mesure : ultra-résistants, capables de supporter des tirs de calibre 12,7 mm à moins de 15 mètres, adaptés à la topographie difficile du Sahel et simples d’entretien.
« Faso Armored » et l’impératif du secret défense
Rompant avec la culture de l’inauguration pompeuse, le chef de l’État a tenu à clarifier le statut de l’industrie de défense burkinabè. L’entité au cœur de cette prouesse technologique porte le nom de «Faso Armored.» « Ça n’a pas été construit par des entités extérieures. C’est purement Burkinabè. Ça a été réfléchi et construit par une entreprise Burkinabè », a affirmé le Capitaine Traoré, avant d’adresser une fin de recevoir ferme aux curieux et aux détracteurs : « Une société a été créée, c’est secret. Ceux qui ont demandé à voir la société ne la verront jamais. On ne l’a pas inaugurée, on ne va pas l’inaugurer, et ce n’est pas la seule. »
Le Président du Faso a révélé l’existence de quatre à cinq autres sociétés à vocation exclusivement militaire, actuellement opérationnelles dans le plus grand secret pour doter le pays d’équipements stratégiques souverains. Une réponse cinglante qui transforme les railleries du web en une démonstration d’indépendance technologique et militaire.

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