Football burkinabè : Entre l’ombre du fiasco argentin et la lumière des U15 filles, le Capitaine Traoré annonce la thérapie de choc

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Notre football va mal, et le ver est visiblement dans le fruit. Le contraste n’a jamais été aussi saisissant que ces derniers jours au sein du sport roi burkinabè. D’un côté, l’image écornée de la sélection nationale fanion à l’international ; de l’autre, la leçon d’engagement et d’héroïsme offerte par la toute jeune relève féminine.

Par la Rédaction – Burkina Yawana 

L’inacceptable fiasco d’un voyage manqué

Récemment, le public sportif burkinabè et la diaspora observaient avec stupeur les désordres organisationnels ayant entouré le match amical très attendu entre les Étalons du Burkina Faso et l’Argentine, géant du football mondial et vainqueur de la Coupe du monde 2022. Alors que les supporters s’attendaient à voir les cadres de l’équipe A se mesurer aux stars sud-américaines, c’est finalement une équipe A’ (composée en urgence de joueurs locaux et de réservistes) qui est allée fouler la pelouse.

La cause ? Des dysfonctionnements logistiques et administratifs intolérables au départ du Maroc, ayant empêché une grande partie des cadres de l’équipe fanion d’effectuer le voyage. Une humiliation organisationnelle qui a jeté un froid polaire sur les supporters et mis à nu les failles profondes de la gestion de notre football.

Le Président du Faso le Capitaine Ibrahim Traoré en compagnie des U15 filles lors d’une photo de famille. DR/ Page Facebook présidence du Faso

Les U15 Filles : La leçon de patriotisme qui fait honneur au drapeau

C’est dans ce climat de crise et de doute qu’est venue la bouffée d’oxygène, portée par la jeunesse et la détermination. Ce lundi 5 octobre 2026, le Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, a accordé une audience à la présidence à la sélection des Étalons U15 filles, récemment médaillées d’argent à la Coupe d’Afrique scolaire disputée au Zimbabwe.

Accompagnées de la Ministre des Sports, de la Jeunesse et de l’Emploi, Annick Pikbougoum / Zingué Ouattara, et du président de la Fédération Burkinabè de Football (FBF), Oumarou Sawadogo, ces jeunes ambassadrices ont présenté leur trophée au Chef de l’État.

Le Capitaine Ibrahim Traoré a salué avec ferveur le patriotisme, la combativité et la hargne de vaincre de ces adolescentes qui, malgré des moyens limités, ont hissé le drapeau national jusqu’en finale face au Ghana : « Je sais que vous n’avez pas bénéficié de toutes les conditions optimales pour préparer cette compétition. Pourtant, vous vous êtes battues avec hargne et plaisir, en honorant dignement le drapeau du Burkina Faso », a souligné le Chef de l’État.

Un diagnostic sans complaisance : « Notre football est malade »

Au-delà des félicitations d’usage aux jeunes vice-championnes d’Afrique, le Chef de l’État a profité de cette audience pour adresser un message fort et sans détour à l’ensemble des acteurs du monde sportif. Le constat est clair : la résilience des jeunes ne doit plus cacher l’incompétence et le désordre institutionnel.

S’exprimant sur la crise globale qui mine la discipline – symbolisée par le récent scandale de la sélection A -, le Capitaine Ibrahim Traoré a posé un diagnostic ferme : «Notre football est malade, et nous allons trouver des remèdes, parce que pour réinvestir, il faut soigner le mal aussi. Et, je pense que cette semaine, on aura des décisions importantes à prendre.»

Vers un grand coup de balai ?

Cette déclaration résonne comme un avertissement solennel destiné aux instances dirigeantes du football burkinabè. L’heure n’est plus aux demi-mesures ni au colmatage. Alors que le pays s’investit dans le développement national et le culte de l’excellence, l’amateurisme logistique et les querelles d’intérêts au sein du football ne sauraient plus être tolérés.

Les « décisions importantes » annoncées par le Chef de l’État pour les prochains jours pourraient bien marquer le début d’un assainissement en profondeur des structures de gestion des équipes nationales.

Le message présidentiel est limpide : le Burkina Faso ne manque ni de talents ni de patriotes prêts à se battre pour le maillot – les Étalons U15 filles viennent de le prouver avec brio. C’est le système d’encadrement qui doit être soigné. L’opinion publique et les amateurs de ballon rond attendent désormais avec impatience la nature de ce « traitement de choc ».


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