TRANSLOG AFRICA 2026 : l’Afrique appelée à reprendre le contrôle de ses circuits d’approvisionnement

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À Ouagadougou, la clôture de la 5ᵉ édition du Symposium international sur le Transport et la Logistique en Afrique ouvre la voie à de nouvelles orientations pour réduire les entraves au commerce, moderniser les infrastructures et accroître l’autonomie logistique des pays africains.

Par André Yameogo – Burkina Yawana

La performance économique des pays africains dépend aussi de leur capacité à acheminer efficacement les marchandises, à maîtriser les coûts de transport et à sécuriser leurs échanges. C’est autour de ces enjeux que les acteurs du secteur se sont retrouvés durant trois jours à Ouagadougou, dans le cadre de la 5ᵉ édition de TRANSLOG AFRICA, achevée le jeudi 22 octobre 2026.

La cérémonie de clôture a été présidée par le Ministre d’État, Ministre de l’Administration territoriale et de la Mobilité, Emile Zerbo, en présence du Ministre nigérien des Transports et de l’Aviation civile, le Colonel-Major Abdourahamane Amadou. Les échanges ont porté sur les moyens de rendre les circuits logistiques africains moins vulnérables aux perturbations et davantage adaptés aux exigences du commerce international.

Une partie du présidium. DR/ André Yameogo – Burkina Yawana

Les discussions ont mis en évidence des difficultés persistantes dans l’organisation du transport et de la logistique sur le continent. Le vieillissement de certaines infrastructures, le manque de compatibilité entre les systèmes numériques et le fonctionnement limité de certains guichets uniques figurent parmi les obstacles identifiés.

À ces insuffisances s’ajoutent des pratiques irrégulières et des charges financières importantes liées notamment aux surestaries et à l’immobilisation des conteneurs. Ces contraintes prolongent les délais d’acheminement, augmentent les dépenses des opérateurs et réduisent la capacité des entreprises africaines à rivaliser sur les marchés.

Pour les participants, l’amélioration de la situation passe par une transformation coordonnée des dispositifs existants, plutôt que par des interventions isolées dans chaque pays.

Les recommandations issues du symposium mettent l’accent sur une meilleure planification des activités logistiques, à l’échelle nationale comme régionale. L’élaboration de schémas directeurs doit notamment permettre d’organiser les investissements et d’assurer une plus grande cohérence entre les infrastructures et les besoins du commerce.

Les participants ont également plaidé pour la création d’un guichet unique consacré aux opérations maritimes et au commerce extérieur.

Une vue de certains participants. DR/ André Yameogo – Burkina Yawana

L’interconnexion des systèmes informatiques des ports, des administrations douanières et des opérateurs économiques constitue un autre axe prioritaire, avec pour objectif de faciliter le traitement des dossiers et de limiter les lourdeurs administratives.

La simplification des formalités relatives à la modification des connaissements, la formation de spécialistes nationaux en ingénierie logistique et le rapprochement entre États voisins complètent les pistes d’action retenues.

Prenant la parole à la clôture des travaux, Emile Zerbo a placé ces orientations dans une perspective plus large : celle de l’autonomie des États africains dans la gestion de leurs échanges et de leurs approvisionnements.

Le Ministre de l’Administration territoriale et de la Mobilité, Emile Zerbo lors de son allocution. DR/ André Yameogo – Burkina Yawana

Pour le Ministre d’État, la capacité à organiser et à contrôler les chaînes logistiques représente une condition essentielle de l’indépendance économique. Il a rappelé que cette ambition s’inscrit dans la vision portée par le Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, et dans les objectifs de la Révolution progressiste populaire, axés sur la souveraineté et le développement endogène.

Cette orientation suppose notamment que les pays africains disposent de compétences, d’infrastructures et de mécanismes de coopération leur permettant de mieux maîtriser les flux de marchandises.

Au-delà des conclusions formulées, l’enjeu majeur réside désormais dans leur application. Le Ministre d’État a annoncé que le suivi des recommandations serait confié à un comité placé sous la responsabilité du Conseil burkinabè des Chargeurs (CBC). Il a également évoqué l’élaboration d’un cadre juridique destiné à donner une reconnaissance officielle à TRANSLOG AFRICA.

La Directrice Générale du Conseil burkinabè des Chargeurs, Denise Bado/Bouda. DR/ Page Facebook du Ministère en charge de la mobilité

Ces dispositions visent à inscrire les acquis de la rencontre dans la durée et à favoriser une participation effective des différents acteurs concernés. Leur mise en œuvre devra permettre de passer des propositions aux résultats mesurables sur le terrain.

La prochaine étape est déjà annoncée : la 6ᵉ édition de TRANSLOG AFRICA se tiendra en 2028. Elle offrira une nouvelle occasion d’évaluer les avancées réalisées et de poursuivre la construction d’un système logistique africain mieux intégré, plus efficace et capable de soutenir les ambitions économiques du continent.


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