Économie : Le Burkina mobilise plus de 790 milliards de FCFA en trois mois

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Il s’agit d’une mobilisation record opérée par le gouvernement burkinabè. Le ministère de l’Économie a annoncé avoir mobilisé plus de 790 milliards de FCFA au premier trimestre de 2026, dépassant la prévision de 733 milliards de FCFA attendus. Burkina Yawana vous explique les éléments ayant conduit à la réalisation d’un tel record.

Au premier trimestre 2026, le gouvernement a réalisé une mobilisation record des recettes propres de 790,2 milliards de FCFA. Les services du ministère de l’Économie avaient prévu 733 milliards de FCFA à la même période. Un objectif largement dépassé. Si les Impôts avaient fait une prévision de 371,2 milliards, ils ont finalement réalisé 391,3 milliards de FCFA. Les services douaniers, eux aussi, ont été performants, dépassant la prévision de 318,8 milliards de FCFA pour atteindre 331,6 milliards de FCFA. Quant au Trésor, sur 42,9 milliards de FCFA attendus, il a réalisé 67,2 milliards de FCFA.

Graphique réalisé par le ministère de l’Economie et des Finances. DR/ ministère de l’Economie et des Finances

Explications

Ces chiffres du ministère de l’Économie et des Finances, relatifs à la mobilisation des recettes propres, indiquent que l’État a non seulement atteint, mais dépassé son objectif au premier trimestre 2026, ce qui traduit une performance budgétaire appréciable, commente un spécialiste de l’économie et des questions budgétaires à Burkina Yawana.

Concrètement, explique-t-il, cela signifie que sur un objectif de mobilisation des recettes propres fixé à 733 milliards de FCFA, l’État a finalement mobilisé environ 790 milliards, soit une hausse de 7,8 % par rapport aux prévisions. « Il en ressort que le Trésor enregistre la progression relative la plus importante, même si les Impôts et les Douanes demeurent les principaux contributeurs à la mobilisation des recettes propres », a-t-il précisé.

Des performances record dans un contexte de guerre

Ces performances s’expliquent en grande partie par la digitalisation de l’administration publique au Burkina Faso, notamment avec la mise en place de FASO ARZEKA, qui permet de centraliser et de sécuriser le recouvrement des recettes publiques.

Notre spécialiste estime que cette innovation favorise à la fois l’efficacité du recouvrement et l’inclusion financière en touchant un plus grand nombre de contribuables. Elle contribue également, ajoute-t-il, « à réduire les fuites de ressources, notamment celles liées à la corruption. À cela s’ajoute le renforcement de la lutte contre la corruption, impulsé par le gouvernement à travers des actions judiciaires contre les détournements et les pratiques frauduleuses ». Enfin, il indique que la redynamisation de la Direction Générale des Douanes, à travers une meilleure mobilisation et motivation des agents, a permis d’intensifier la lutte contre la fraude et de renforcer la vigilance sur l’ensemble des opérations.

L’État peut mobiliser jusqu’à 3 700 milliards de FCFA d’ici la fin d’année

Au regard des résultats du premier trimestre, l’État peut espérer engranger des recettes importantes en fin d’année, de l’ordre de 3 700 milliards de FCFA, si la tendance actuelle se maintient et en l’absence de chocs défavorables liés à la hausse des prix ou à la conjoncture internationale.

« Cette perspective pourrait être davantage améliorée si l’État met en place une Brigade de Mobilisation des Recettes (BMR), chargée de recueillir en temps réel les plaintes des usagers concernant les difficultés rencontrées dans le paiement des taxes et impôts », suggère notre spécialiste. Selon lui, de nombreux usagers font face à des dysfonctionnements des plateformes numériques, à un manque de réactivité de certains agents ou encore à des difficultés de compréhension des procédures. « Le rôle de cette brigade serait de résoudre rapidement ces goulots d’étranglement. Par ailleurs, pour les fonctionnaires, l’instauration d’un prélèvement à la source du quitus fiscal, en une ou plusieurs tranches, permettrait de limiter les comportements de « passagers clandestins » », a-t-il ajouté, précisant que pour les non-fonctionnaires, « l’exigence du quitus fiscal pour l’accès à certains services publics, tels que l’établissement de la CNIB, des passeports ou la légalisation de documents, pourrait également renforcer la mobilisation des recettes ».


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