Lors de la journée de redevabilité sur l’aire d’exposition gouvernementale au Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO), le ministre de l’Énergie, des Mines et des Carrières, Yacouba Zabré Gouba, a visité le pavillon de la Société de participation minière du Burkina Faso (SOPAMIB). Il y a découvert l’initiative portée par la filiale SOPAMIB Bouboulou SA : la construction intégrale d’une mine d’or à partir de Briques de Terre Comprimée et Stabilisée (BTCS).
Par Abibata Kara (stagiaire) – Burkina Yawana
Une mine 100 % souveraine façonnée par le sol local
Dans le cadre du Projet Tenmiigo (le projet de la « Terre rouge ») impulsé par le Chef de l’État, le Capitaine Ibrahim Traoré, le Burkina Faso s’est engagé dans la valorisation prioritaire de ses ressources locales. La SOPAMIB – bras armé de l’État opérationnalisé en 2024 avec initialement deux projets miniers, avant d’élargir progressivement son portefeuille en 2025 pour gérer actuellement six projets, avec une cible à court terme d’une dizaine – traduit cette vision en actes majeurs. À Bouboulou, dans la commune de Yako, la première mine développée à 100 % par l’État burkinabè prend forme.

Loin des modèles d’importation coûteux, l’ensemble des infrastructures administratives et techniques de la mine, ainsi que les logements collectifs pour les populations relocalisées, seront bâtis en briques BTCS issues directement du sol du permis minier. « Bouboulou, c’est la première mine 100 % burkinabè. Si vous avez de telles initiatives, je pense que c’est un très bon signe », a déclaré le ministre Yacouba Zabré Gouba.

Maîtrise technique et écologie : Les forces de la brique BTCS
Confectionnées à partir de latérite locale, associées à une faible proportion de ciment et d’eau, les BTCS présentées par Hervé Ouédraogo, contremaître génie civil et terrassement à SOPAMIB Bouboulou SA, allient durabilité et confort thermique.

Des essais d’écrasement normalisés à 28 jours garantissent une conformité stricte, assurant aux ouvrages une durée de vie estimée à 50 ans et plus. Sur le plan énergétique, grâce à une forte inertie thermique, la terre comprimée régule naturellement la température intérieure des bâtiments, réduisant les besoins en climatisation et la consommation électrique.

Enfin, cette solution s’appuie sur une ressource inépuisable et immédiatement accessible, la latérite étant extraite directement sur le site minier.
Un modèle d’inclusion sociale : L’alliance avec l’Association Bayiir Mêtba
Au-delà de la prouesse architecturale et minière, le projet s’enracine dans un modèle d’économie sociale et solidaire exemplaire. Pour atteindre l’objectif d’un million de briques, la SOPAMIB s’est associée à l’Association Bayiir Mêtba de Yako (ABM), réunissant 40 jeunes et anciens orpailleurs des villages riverains.

Pour accompagner ce démarrage, la mine a doté l’association de quatre unités de production complètes et fournit l’intégralité de la matière première. Grâce à cette organisation, les équipes travaillent en roulement de jour comme de nuit pour maintenir un rythme de production d’environ 4 000 briques par jour. En offrant une alternative durable à l’orpaillage traditionnel, l’initiative garantit des revenus stables, une qualification technique et une dignité retrouvée aux populations locales.
Perspectives : Bâtir les infrastructures communautaires de demain
L’ambition de la SOPAMIB ne s’arrête pas aux frontières du site minier de Bouboulou. Une fois les besoins de la mine couverts, le savoir-faire acquis par l’Association Bayiir Mêtba sera déployé pour former d’autres jeunes et construire les infrastructures publiques de la région, notamment les écoles, les centres de santé et les logements sociaux.

À travers cette initiative, la Révolution démontre qu’il est possible d’allier souveraineté industrielle, respect de l’environnement et retombées directes pour les populations riveraines. La terre rouge du Burkina n’est plus seulement sous nos pieds ; elle devient le fondement de notre indépendance.

Votre commentaire